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jeudi 7 décembre 2017

Au détour les oreilles
traînées, detraînées
Se frotter au bruit des coquillages
au gravier crissant sous les pas
Entendre, attendre
Tenir ses mains dans les poches
poings serrés à peine.
Fermer les yeux.
Le monde vibre
dense et léger.
Photo Isa D déc 2017

samedi 2 décembre 2017

Laisser courir la révolution. Éteindre le poste. Délaisser les foules et le mouvement. Laisser entrer à l'intérieur la vague puissante, le déferlement. S'éloigner de leurs armées et cotillons, de ces uniformes en bataille. Laisser faire, le cheveu défait, entendre la rumeur au loin. Ne plus s'en faire, ne plus savoir si nous vivons là aussi. Ou de l'autre côté. Chercher où est la frontière, dans quel état, se heurter aux murs. Ne plus comprendre. Se trouver dans la nasse grouillante, respirer, suffoquer et respirer encore. Chercher l'air au-delà des mots. Regarder ce qui court, ce qui s'échappe, ce qui revient. Laisser courir ou arrêter. Se défendre. Cogner aux portes et renoncer.
Entendre soudain ce qui s'insinue, ce qui s'infiltre. Entendre par delà ce qui se dit, ce qui crie dehors. Chercher les mots.
Chercher la faille et la trouver.
Fabriquer du brouillard ou un lac. Monter la chose en épingle et atteindre la côte avant le lac de Vassivière. Chercher derrière les arbres, le chasseur, le chassé. Ne plus savoir de quel côté on entendait des chiens.
Défaire sa gamelle et pleurer tout ce qu'on a perdu.
Ne pas se reconnaître dans un rêve. Chercher la fille aux cheveux longs au réveil. Lui demander ce qu'elle en a fait, ce qu'elle a fait de son chat, ce qu'elle a fait de son mari. Chercher le corbeau sur l'épaule.
Ramasser sa tignasse noire pour ne pas se prendre les pieds dedans. En faire une tresse immense. Escalader l'immeuble à la corde. Se dire que derrière la fenêtre, elle sera là, assise, une théière fumante à ses côtés. Elle aura l'éventail de la dame aux camélias dans sa main, celui qui te faisait rêver, rouge et noir avec sa texture de nougat. Il ne faudra pas longtemps pour qu'elle dise. Elle te reconnaîtra.
Elle ouvrira la fenêtre. Et nous serons nombreuses soudain. Nous serons si nombreuses et volubiles dans la pièce, empressées. L'immeuble se défaira comme un puzzle. Nous nous égaillerons aux quatre coins de la ville. Ta tresse sera comme un chemin. Elle deviendra un arbre, un arbre nu et noir sur le coteau. Des fleurs de camélia le recouvriront un instant en un ballet de flocons pourpres.
Tu seras l'arbre. Tu seras la fille aux cheveux longs et noirs, une fleur de camélia contre ton sexe. Je te prendrai tout contre moi, en moi. Je parlerai au corbeau. Il reviendra, il se posera sur mon épaule. Tout s'arrêtera alors. Il n'y aura plus besoin de dire. Rien.

vendredi 1 décembre 2017

La nuit, je pêche. J'enterre les poissons auprès de l'arbre. Je regarde leurs écailles briller sur le fil à linge. Je passe mon nez par le hublot et je ris.
Je vois ta peau si douce à la lumière tremblée de la fenêtre. Je reviens. Le jour est loin encore.
Mon cœur s'y est posé.