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samedi 25 mars 2017

Toutes les mers qui autrefois
peuplaient la terre
Toutes les mers qui
A marée haute et basse
nous avancions
nous touchions le ciel
de nos mains de sable.
Nous cherchions
l’entrelacs des ventres
ce qui était en dessous
ce qui était parti
Toutes les mers
Nous ne savions plus dire
nous cherchions l'entrelacs des langues
l'entrelangue
Nous parlions aux fonds des océans
nous cherchions les mots d'eau,
de sel
le va et vient
Nous ne trouvions plus que
la terre abrupte
et sèche.
Nos enfants encore se souvenaient
Nous étions des poissons
 aux écailles argentées
Nous suffoquions
Nous cherchions
implorant
toutes les mers qui autrefois.
Nous entendions parfois leur ancien roulement,
le ressac,
comme un grondement dans le ciel.
Nous espérions
Les mers envolées.
Nous voulions retrouver le battement
la marée
la pulsation,

le placenta.


Je le glisse dans ma poche
           Je le range
                    Il a des épines,
                          il gratte. Il ne sait pas se tenir.
Il se rebelle.
Il voudrait se déployer, ressortir.
Je ne sais même plus ce que c'est.
J'appuie avec ma main.  J'essaie de le faire tenir tranquille.
Je l'ai ramassé par inadvertance.
C'est tout moi ça, ramasser des bricoles,
des gens même,
ce qui traîne, ce qui me regarde avec des yeux perdus
et de ne plus savoir qu'en faire.
Heureusement j'ai des poches à trou. Ils finissent toujours par sortir, l'air mécontent, un peu étourdis quand même. Et sans me remercier jamais !
Pourraient même me croquer la jambe au passage parfois.

mercredi 15 mars 2017

A fleur de sel,
de peau
mêlés
les visages
l'entaille

les gestes des mères qui s'estompent

vos mains

la veine si fine au poignet
la pulsation
le début et la fin
je rassemble
je contiens

les mots qui flottent
qui demeurent
qui s'obstinent
la lumière fragile

Je masse vos pieds d'une crème grasse et collante
à l'odeur de poisson

je retrouve les gestes de bordage

J'enveloppe.

Je marche sur le petit chemin de terre le long du Clain

Je marche  sur le petit chemin de terre le long de l'Aveyron

Je m'échappe,
j'échappe.

Je sors de l'hôpital  de la Chartreuse

Je referme une portière interdite
Je griffe votre sourire qui me dit à bientôt
qui me ment

Je mélange

J’agrippe votre nuque
comme on se rattraperait à la berge

Je retrouve la douceur, la fièvre

l'autre temps des petits garçons seuls

Je mélange les deuils, je fais de mon mieux.

Je suis seule sur la place.

mardi 7 mars 2017

Tout est étale
posé par terre
tu voudrais que le sol soit blanc
neige ou primevères
fleurs de cerisier envolées, coton
De la ouate, tu voudrais de la ouate.
Il est trop tôt.
Cartes postales   - Cher Vous & autres oeuvres