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mardi 25 avril 2017

On fait l'aller-retour
On plie
On se demande
où battre le pavé
On pourrait écouter
le bruit des feuilles
lorsqu'elles se déplient
ce qu'elles chuchotent
ce qu'elles n'osent pas dire
ce qu'elles vous ont sifflé à la face.
On regarde votre visage
baigné de pluie
On ne sait plus à qui il parle.

On entendait derrière
la parole
les mots encore
de ceux qui ne savent plus rien
leurs poings pliés
On cherche

Derrière les murs de brique
le silence des machines
les pas grommelants
l'usure

Les filles trop maquillées aussi
leurs longues jambes
et leurs mères teintes en blond
Leurs lunettes aux montures dorées
Elles mangent des glaces colorées et parlent
vite et trop
Leurs mots s'enroulent comme des serpents.

On voudrait que ça se taise.
On cherche les enfants sur la grève
leur impatience pataude.

On replie nos mains
On espère.
Entre deux tours...


dimanche 23 avril 2017

Captages en bord de littoral un dimanche de premier tour.

"On est des zéros, on est des zéros ! On dit des Héros. On peut pas comparer, en ce temps là, y avait encore de la conscience politique. Alors tu mets des pommes de terre, oui mais là y en a trop. Ça va Fabien ? T'as voté ? Bonjour. Bonjour Monsieur. Bonjour Madâme. Là, je retourne à l'hôpital demain. Le vinaigre de lavande c'est radical pour les piqures de moustiques. Au Lavandou, tout le monde m'en demande et là-bas, les moustiques c'est des avions. Le problème c'est qu'on n'est plus chez nous. Elle est froide ? Non, elle est pas froide, on s'habitue."

mercredi 5 avril 2017

Ce que ça remplit
ce qui manque
les jours pleins et à tordre
essorés
esseulés
ce que ça remplit
ce qui manque
les pas en avant
lancés
les poumons comme s'ils pouvaient
se remplir encore
les rues
les gens
comme une consolation
et une absence
ce que ça remplit
ce qui manque


Dans quelle langue vivons-nous ?
Nous nous frottons aux murs.
Nous cherchons dans les angles
ce qui était
la part commune encore.
Nous tenons nos mains à l'arrêt.
Je fais le tour. Je fais le tour de l'arbre. Je devine. Je cherche. Je sais la saison
derrière. Le recoin. Je ne fais pas de bruit, pas encore. Je parle à ton oreille. Tu entends, je le sais. Tu ne frémis pas. Mais je vois sous ta peau comme ça bouge.
Tu me reconnaîtras.
Je sais le jour où tu lèveras les yeux. Le miel sur ta bouche. Tes mains comme des oiseaux.

samedi 25 mars 2017

Toutes les mers qui autrefois
peuplaient la terre
Toutes les mers qui
A marée haute et basse
nous avancions
nous touchions le ciel
de nos mains de sable.
Nous cherchions
l’entrelacs des ventres
ce qui était en dessous
ce qui était parti
Toutes les mers
Nous ne savions plus dire
nous cherchions l'entrelacs des langues
l'entrelangue
Nous parlions aux fonds des océans
nous cherchions les mots d'eau,
de sel
le va et vient
Nous ne trouvions plus que
la terre abrupte
et sèche.
Nos enfants encore se souvenaient
Nous étions des poissons
 aux écailles argentées
Nous suffoquions
Nous cherchions
implorant
toutes les mers qui autrefois.
Nous entendions parfois leur ancien roulement,
le ressac,
comme un grondement dans le ciel.
Nous espérions
Les mers envolées.
Nous voulions retrouver le battement
la marée
la pulsation,

le placenta.