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samedi 12 août 2017








L'oeil de Miro défait ma main
Elle cherche la trace, la terre rouge granuleuse.
La sensation qui est restée intacte, en bouche même.
Ce qu'il reste des premières années de l'enfance, le dessin d'une pomme bleue affiché sur la vitre, le soleil éclatant d'un décor de théâtre dans la cour d'école, la terre à modeler et à peindre, crue, rouge, vivante.
Les cailloux dans la bouche mêlés au sang.
Ce qu'il reste de la chute.
Nos mémoires sont des filaments, à peine.
Soudain, une petite fille court trop vite avec une couronne des rois sur la tête, un ensemble en laine jaune et marron. La bobine s'emballe sur le projecteur.



samedi 5 août 2017

Je joue, je dénoue
Une femme fatale qui me fut fatale.
Entre les tartines de pain grillée, une femme comme une statue de Nicky de Saint Phalle. Elle a perdu ses couleurs. Si je m'approche même, elle fait la tête, mutique avec un visage de matrone.
Je m'échappe, je retourne aux vaguelettes, aux rais de lumière dans la piscine. Je plonge, je vais au fond, je vais en trouver des coraux. Un reste de tuba en plastique. Des filles rient, s'essaient à la chorégraphie aquatique, à deux dans une bouée. Leurs cheveux s'emmêlent.  Si je regardais bien, un flamant rose indolent passerait en prince.
Je noue, je dénoue, je regarde la fille dans la glace, les marques de son maillot.
C'est le matin,
On pourrait s'arrêter là.

samedi 29 juillet 2017

Train is coming.
L'heure est aux adieux sur le quai, esquivés à peine. Comme l'air de dire "il ne faut pas y toucher". Nous ramassons nos filets de pêche, entremêlés. Chacun le sien.
On retiendra les mots et les gestes.
Une petite fille geint "je suis pas fatiguée, je suis énervée".
Le soleil à peine levé darde déjà. Je ferme les yeux pour écouter la mer encore.
Bientôt il faudra réveiller les ados qui feront la grimace. Il est trop tôt. Leurs corps endormis, presque somnambules prendront tout l'espace, se prendront les pieds dans les valises.
Train is coming. Au premier coup de sifflet, ils se précipiteront pour partir, impatients déjà de quitter ce lieu.
Les voisins aussi font leurs valises.
Tu as le temps encore de prendre une tasse de thé. Ça viendra.

vendredi 28 juillet 2017

Train is coming.
Il ne manque qu'un terrain pour la pétanque ici. Sinon on est bien. On vient tous les ans, on pense acheter dit la dame au bout de la laisse du chien. Elle dit avec l'accent du nord. Un couple se dispute. Mais putain où tu as rangé la caisse. Non mais tu te fous de ma gueule. Le vent à peine encore sucré dans la douceur du soir. Je croque dans une pêche plate, croquante et juteuse.
Hier sur l'herbe, nous mangions une glace. Mon fils y mettait les doigts.
Nous attrapons l'été comme nous pouvons. La colère parfois comme des poissons volants au dessus de nos têtes.
Nous retrouvions des instants d'avant, nous pourrions les prolonger.
Le train s'approchait.